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Les gars des camps / L'internement au Canada Vidéo

Discussion des anciens internés sur le système de camps.

Discussion des anciens internés sur le système de camps.

Vidéo: 5:44 20.0 Mo Télécharger

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Transcription

L’internement au Canada

Les civils internés étaient emprisonnés dans des camps de fortune au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick.

Dans certains de ces camps, les réfugiés juifs se retrouvaient internés aux côtés de nazis, prisonniers de guerre.

Jack Hahn
Une photo en gros-plan de Jack Hahn prise durant un interview
Lorsqu’ils nous ont transférés à Trois-Rivières, personne ne leur avait dit que nous étions Juifs et qu’ils étaient allemands, donc, ils nous ont mis ensemble dans un camp. Aussitôt, nous avons commencé à nous bagarrer avec eux.

Dr Walter Igersheimer
Une photo en gros-plan de Dr Walter Igersheimer prise durant un interview
Les nazis commencèrent à chanter des chansons antisémites, et nous avons commencé à chanter des chansons contre eux.

Hon. Fred Kaufman
Une photo en gros-plan de Hon. Fred Kaufman prise durant un interview
Les jeunes officiers, plus à l’affût, ont vite commencé à voir les différences, mais, apparemment, ce phénomène avait déjà causé quelques difficultés dès le tout début. Pour un officier qui avait combattu lors de la Première guerre mondiale, lorsqu’un prisonnier de guerre était un prisonnier de guerre – soit un ennemi réel – vous vous deviez de les traiter décemment mais cela n’allait pas plus loin. Mais les réfugiés internés, avec raison, voulaient être traités différemment. Par exemple, nous demandions “Quelle est la raison pour laquelle nous ne pouvons recevoir de journal ?” “Et bien, il est interdit aux prisonniers de guerre de recevoir des journaux.” “Mais nous sommes détenus.” “Bien, en ce qui me concerne, vous êtes des prisonniers de guerre, et je vous traiterai en tant que tel, je vous traiterai correctement.”

Dr Walter Kohn
Une photo en gros-plan de Dr. Walter Kohn prise durant un interview
Ils ne savaient pas vraiment ce que cela voulait dire – que nous étions des réfugiés du nazisme. Ils étaient pour la plupart, des anciens combattants de la Première guerre mondiale. Mais je n’ai jamais senti de mauvaise volonté de leur part.

Jack Hahn
Une photo en gros-plan de Jack Hahn prise durant un interview
La chose dont je me souviens est qu’ils n’étaient pas vraiment prêts. Les huttes n’étaient pas prêtes. Il n’y avait qu’un robinet d’eau pour presque un millier de personnes, donc la file était toujours très longue pour ceux qui voulaient boire.

Eric Koch
Une photo en gros-plan de Erich Koch prise durant un interview
Nous étions à Sherbrooke en octobre – il commençait à faire froid. Rien n’était prêt. C’était incroyable. Nous étions dans un ancien entrepôt de réparation de locomotives. Si vous voulez réparer une locomotive, vous devez le faire par en-dessous. Il y avait donc des rails et des fossés. Et il y avait de l’eau dans ces fossés. Et les fenêtres étaient brisées. Il faisait froid. Il n’y avait ni matelas, ni couvertures…ni latrines.

Dr Walter Igersheimer
Une photo en gros-plan de Dr Walter Igersheimer prise durant un interview
Nous étions tous debout rassemblés et l’énorme portail de cet entrepôt de machinerie s’ouvrit. Un homme très imposant est apparu – le sergent Macintosh. Matraque à la main et d’une grosse voix, il cria, “Maintenant, nous savons tous que vous êtes Juifs, mais vous devez quand même rester propres.”

Dr Ernest Poser
Une photo en gros-plan de Dr Ernest Poser prise durant un interview
Je pense qu’il y avait huit toilettes tout au plus, pour 700 personnes et les médecins avaient raison de protester “Ceci est inacceptable.” Et ils évoquèrent la Convention de Genève. Et les gens dirent “Mais vous êtes des prisonniers de guerre de seconde classe. Vous devez maintenant savoir que la Convention ne s’applique pas pour vous. Alors faites quelque chose. Si vous n’êtes pas satisfaits, vous pourriez en construire, des latrines.” Alors, en peu de temps, on construisit deux montants, avec une barre transversale sur laquelle se perchaient les personnes, comme des oiseaux.

Eric Koch
Une photo en gros-plan de Erich Koch prise durant un interview
Une fois organisé, c’était parfaitement confortable. Mais nous étions 800 dans une salle – je veux dire “parfaitement confortable” – 800 personnes dans une salle! Pouvez-vous entendre – pouvez-vous imaginer – le son que peuvent faire 800 personnes qui ronflent tous ensemble!

Sigmund Muenz
Une photo en gros-plan de Sigmund Muenz prise durant un interview
Nous nous sentions comme dans une prison. Mais que pouvions-nous faire ? Nous portions un uniforme spécial avec des rayures rouges et un cercle rouge dans le dos, et un chapeau avec une rayure rouge dans le milieu.

Edgar Lion
Une photo en gros-plan de Edgar Lion prise durant un interview
Rappelez-vous que nous étions internés. Nous n’avions pas de vêtements – nous n’avions rien. Les autorités nous avaient commandé des uniformes spéciaux de prisonniers de guerre.

Eric Koch
Une photo en gros-plan de Erich Koch prise durant un interview
Une sorte de chemise bleue avec un grand cercle rouge dans le dos.

Edgar Lion
Une photo en gros-plan de Edgar Lion prise durant un interview
Qui était comme une cible pour les soldats en cas d’évasion, si quelqu’un voulait s’échapper, ils avaient ainsi une cible sur laquelle tirer.

Eric Koch
Une photo en gros-plan de Erich Koch prise durant un interview
Mais idéologiquement, ce n’était pas approprié de nous faire porter des uniformes de prisonniers de guerre puisque nous n’étions pas des prisonniers de guerre, mais des civils internés. C’était absurde.

Dr Ernest Poser
Une photo en gros-plan de Dr Ernest Poser prise durant un interview
Nous ne considérions pas la possibilité de s’échapper. Nous étions plutôt centrés sur l’adaptation – ce que nous pouvions faire pour que ce soit plus acceptable.