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Les immigrants du hasard / Un accueil pour l’ennemi Vidéo

Discussion des anciens internés sur leur arrivée au Canada.

Discussion des anciens internés sur leur arrivée au Canada.

Vidéo: 3:39 12.7 Mo Télécharger

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Transcription

Un accueil pour l’ennemi

À leur arrivée au Canada, les civils internés ont été rencontrés par des officiers militaires qui s’attendaient à accueillir de dangereux prisonniers de guerre.

Erich Koch
Une photo en gros-plan de Erich Koch prise durant un interview
Nous avons été reçus comme si nous étions de vrais nazis allemands. Les Forces armées canadiennes avaient été mal informées. Les Britanniques ne leur avaient rien dit. Les Britanniques n’avaient pas dit au gouvernement canadien qui nous étions. Et, pour une bonne raison. Parce que, si le gouvernement britannique avait dit aux Canadiens: « nous allons vous envoyer, peu importe le nombre, quatre mille Juifs, » les Canadiens auraient répondu: « c’est bien la dernière chose dont nous avons besoin. »

Dr Gregory Baum
Une photo en gros-plan de Dr Gregory Baum prise durant un interview
L’armée nous accueillit en pensant que nous étions des combattants et ils ont vu que dans notre groupe, il y avait des rabbins, des juifs religieux , des prêtres et des frères portant leurs soutanes, et des jeunes, des jeunes garçons en shorts et les gens nous prenaient pour des terroristes ou encore pour des combattants bien déguisés.

Jack Hahn
Une photo en gros-plan de Jack Hahn prise durant un interview
J’aurais aimé avoir une caméra. Ces gens avec des longues barbes et portant leurs kippahs et autres, descendant du bateau et les mitraillettes pointées sur eux avec des baïonnettes fixées comme cela, vous savez. Tout un spectacle.

Dr Walter Igersheimer
Une photo en gros-plan de Dr Walter Igersheimer prise durant un interview
Le sergent major, qui apparemment devait nous recevoir, dit: « Ah, ils sont des prisonniers et des membres de la cinquième colonne (agents étrangers). » J’ai cru ne pas avoir bien entendu. Quoi ? J’étais complètement confus. Je n’étais qu’un inoffensif réfugié juif de l’oppression nazie.

Hon. Fred Kaufman
Une photo en gros-plan de Hon. Fred Kaufman prise durant un interview
Il y avait toujours un problème car les officiers responsables n’étaient jamais préparés à savoir quel genre de détenus, d’internés allaient arriver. Ils s’attendaient à recevoir des prisonniers de guerre et voilà qu’arrivaient des enfants.

Edgar Lion
Une photo en gros-plan de Edgar Lion prise durant un interview
Ils nous a fallu traverser la ville et les Canadiens, en particulier la population, pensaient que nous étions des prisonniers de guerre, de vrais prisonniers de guerre. Et ils nous injuriaient, crachaient sur nous et nous lançaient des pierres, vous savez, je veux dire, ils ne savaient vraiment pas qui nous étions.

Dr Walter Igersheimer
Une photo en gros-plan de Dr Walter Igersheimer prise durant un interview
On nous a dit de nous déshabiller, de bien aligner nos vêtements, ou pour certains de les jeter en un tas et tous nos effets personnels sont allés sur un autre tas.

Dr Gideon Rosenbluth
Une photo en gros-plan de Dr Gideon Rosenbluth prise durant un interview
Ils ont fouillé tout le monde et on a pris notre argent. Et on nous a donné reçu sur reçu.

Dr Walter Igersheimer
Une photo en gros-plan de Dr Walter Igersheimer prise durant un interview
Et tout ce qui avait de la valeur s’est retrouvé dans les poches des soldats. Nous nous sommes plaints de cela au futur commandant du Camp L et il y eut une poursuite judiciaire. En fait, les soldats canadiens français étaient les coupables et avaient agi sous les ordres d’un officier qui fut rétrogradé et à qui on enleva son commandement. Et nous, nous avons perdu à jamais tous nos effets.